Bruxelles ne se résume pas à une addition de bâtiments ou d’infrastructures. Elle est un récit collectif en mouvement, qui traduit nos choix de société et notre manière de vivre ensemble.
Architecte et urbaniste, Paola Viganò était l’invitée du 169e Urban Lunch, dédié aux paysages urbains. Une rencontre qui a permis d’interroger notre manière d’habiter la ville et de penser son avenir.
Une ville à travers ses paysages
Les villes racontent toujours quelque chose de leur époque. Elles expriment nos ambitions, nos envies et nos compromis. C’est ce qui donne toute sa portée au cycle 2026 consacré aux paysages urbains.
Le paysage urbain n’est ni une image figée ni une simple composition bâtie. C’est une réalité vivante, à la croisée des espaces construits, de la nature, des mobilités et des usages. Autrement dit, il constitue le cadre de notre qualité de vie.
La ville comme milieu de vie partagé
Cette lecture du territoire nous invite à dépasser les catégories classiques de l’urbanisme, de l’architecture et du paysage. Ces disciplines ne sont pas seulement techniques : elles permettent de penser le vivant dans la ville.
Comme l’a rappelé notre invitée du jour, Paola Viganò, l’enjeu n’est plus seulement de comprendre comment les pouvoirs dessinent la Région, mais comment l’action publique peut devenir un projet écologique et politique du vivant.
Le territoire ne doit plus être considéré comme un objet à modeler, mais comme un milieu de vie partagé, traversé par des équilibres, des usages et des interactions multiples.
La Région doit être pensée comme un milieu de vie partagé. La transition écologique ne peut être uniquement technique ou énergétique ; elle suppose aussi une transformation de l’espace habité.
Transformer plutôt que détruire
Cette réflexion trouve une résonance particulière à Bruxelles.
La Région s’oriente progressivement vers une autre manière de produire la ville : plus attentive à ses ressources, à son patrimoine et à ses usages. L’enjeu n’est plus de systématiquement démolir pour reconstruire, mais de transformer l’existant et de lui donner une nouvelle vitalité.
À Molenbeek, le projet de Park Ouest illustre cette dynamique : à partir d’une dalle de béton existante, l’ambition est de préserver ce socle pour le réinventer en un parc capable de dialoguer avec son environnement. Une dalle qui crée, pas qui écrase.
Une illustration concrète de cette capacité bruxelloise à faire du déjà-là une ressource pour demain.
La qualité urbaine comme exigence collective
Face aux défis climatiques, démographiques, sociaux et patrimoniaux, la qualité urbaine et architecturale ne peut être secondaire. Elle doit devenir une exigence partagée.
Une architecture réussie ne se limite pas à son ambition formelle : elle se mesure aussi à sa capacité à être habitée, appropriée et inscrite dans le temps.
La beauté comme dimension du projet urbain
La fabrique de la ville comporte aussi une dimension souvent sous-estimée : la beauté.
Loin d’être un simple ajout décoratif, elle structure notre rapport aux lieux et notre expérience quotidienne de la ville. Car la ville n’est pas seulement un espace fonctionnel ; elle est aussi un paysage vécu, capable d’inspirer, de rassembler et de créer du lien.
Une vision durable pour Bruxelles
Au-delà des projets individuels, l’enjeu est collectif : renforcer l’ambition urbaine de Bruxelles dans le temps et faire de la ville un espace cohérent, lisible et inspirant.
Les paysages urbains ne sont jamais neutres. Ils traduisent une société, ses priorités et sa manière de se projeter dans l’avenir. Ils racontent ce que nous choisissons de préserver, de transformer et de transmettre.
La ville que nous construisons aujourd’hui est le paysage que nous transmettrons demain.




