Budget 2026 : restaurer la crédibilité et remettre la Région en mouvement

Dans un contexte budgétaire exceptionnel, marqué par plus de 600 jours sans budget de plein exercice et une dette régionale ayant triplé en cinq ans, le budget présenté aujourd’hui au Parlement est un budget de responsabilité et de redressement.

L’objectif est clair : sortir des douzièmes provisoires, restaurer durablement la crédibilité financière de la Région et garantir la continuité des services publics.

Le Gouvernement a fait un choix assumé : ne pas alourdir la fiscalité des Bruxelloises et des Bruxellois. L’effort repose donc prioritairement sur une maîtrise des dépenses, une meilleure priorisation des investissements et une gestion plus exigeante des ressources publiques. Près de 80 % de l’effort budgétaire est ainsi réalisé du côté des dépenses.

Ce budget fixe une trajectoire claire : celle d’un retour progressif à la soutenabilité financière, condition indispensable pour redonner à la Région des marges d’action.

Urbanisme : libérer les projets et réactiver l’investissement

La politique urbanistique entre dans une phase de transformation profonde. Face à un système devenu complexe, lent et peu lisible, la priorité est donnée à la simplification administrative et à l’efficacité.

À court terme, des « quick wins » permettront d’améliorer immédiatement le fonctionnement de l’administration : harmonisation des pratiques, réduction des délais inutiles et plus grande prévisibilité pour les porteurs de projets.

À moyen terme, une réforme structurelle est engagée à travers la refonte du Code bruxellois de l’aménagement du territoire (CoBAT). L’objectif est clair : créer un cadre plus simple, plus rapide et juridiquement sécurisé, notamment grâce à :

  • une réduction des délais de délivrance des permis (6 mois pour les dossiers courants),
  • une intégration des permis d’environnement dans une procédure unique.

La création de Bruxelles Urbanisme, issue de la fusion de plusieurs administrations, constitue un levier central. Elle permettra de regrouper les expertises, de réduire les redondances et d’offrir un point de contact unique aux citoyens comme aux investisseurs.

Cette simplification n’est pas une fin en soi : elle vise à relancer l’investissement et à soutenir la production de logements. Dans un contexte de forte pression immobilière, il est essentiel de considérer le secteur privé comme un partenaire du développement urbain. Accélérer les permis, c’est permettre de construire davantage, de fluidifier le marché et de contenir la hausse des prix.

Parallèlement, la planification territoriale est renforcée avec une vision stratégique à l’horizon 2030 et une réforme du Plan régional d’affectation du sol (PRAS), afin de garantir un développement cohérent, lisible et propice à l’initiative.

Énergie : une transition pragmatique, efficace et soutenable

La transition énergétique constitue un pilier central de l’action régionale. L’objectif est ambitieux : réduire les émissions de 47 % d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050.

Pour y parvenir, la Région adopte une approche pragmatique, articulée autour de l’urbanisme, de la planification et des politiques énergétiques.

Les priorités sont claires :

  • Protéger les ménages : près de 28 % des ménages bruxellois sont en situation de précarité énergétique. Le filet social est maintenu pour garantir un accès équitable à l’énergie.
  • Planifier intelligemment les investissements : le Plan Chaud Froid et sa vision zonée permettront de cibler les infrastructures les plus pertinentes, notamment les réseaux de chaleur, en évitant les dépenses inefficaces.
  • Encourager les initiatives locales : les communautés d’énergie et le partage d’énergie seront facilités, en levant les freins administratifs et en soutenant les նախաձեռնatives citoyennes.
  • Moderniser les outils : le développement d’un logiciel unique de performance énergétique (PEB) permettra d’améliorer la qualité, la transparence et l’efficacité des politiques de rénovation.
  • Préparer l’électrification : le projet Electrify.brussels s’inscrit dans une logique de planification coordonnée avec les gestionnaires de réseau, afin d’assurer un déploiement réaliste et maîtrisé.

La ligne directrice est simple : investir là où cela a du sens, éviter les effets d’annonce et garantir que chaque euro engagé produise un impact réel.

Propreté : plus d’efficacité, plus de résultats

La propreté publique est une priorité concrète pour les Bruxelloises et les Bruxellois. L’enjeu est clair : améliorer le service sans augmenter la dépense de manière inconsidérée.

La stratégie repose sur une logique d’efficacité opérationnelle, articulée autour de quatre axes :

1. Adapter les collectes aux usages réels

La situation bruxelloise, nous oblige à faire mieux avec

  • des ajustement des fréquences de collecte,
  • un renforcement de la collecte des déchets organiques.

Cette réforme permettra de redéployer environ 65 équivalents temps plein vers des missions visibles, comme le nettoiement et la lutte contre les dépôts clandestins.

2. Déployer des solutions adaptées au terrain

Un budget de 4 millions d’euros permettra de développer des points d’apport volontaire, en priorité dans les quartiers denses, là où ils sont le plus utiles.

3. Renforcer le contrôle et la réactivité

Une propreté efficace passe par une action visible. Le renforcement des contrôles et la mise en place d’unités d’intervention rapide permettront de lutter plus efficacement contre les incivilités.

4. Valoriser les déchets comme ressource

Le développement d’une filière de biométhanisation à l’horizon 2027 permettra de mieux valoriser les déchets organiques et de réduire les coûts à long terme.

Une attention particulière est portée aux ressources humaines. Dans un contexte de nombreux départs, une dérogation ciblée au moratoire est défendue afin de préserver la capacité opérationnelle de l’Agence.

Enfin, la politique de propreté évolue vers une logique de résultats, fondée sur des indicateurs objectifs et des outils technologiques permettant de mesurer concrètement les progrès réalisés.

Une même exigence : efficacité, responsabilité et résultats

À travers l’urbanisme, l’énergie et la propreté, une même ligne directrice s’impose : recentrer l’action publique sur ses missions essentielles, améliorer son efficacité et garantir une utilisation rigoureuse des moyens.

Ce budget est un budget d’urgence, mais surtout un budget de redressement et d’action. Il vise à remettre la Région sur une trajectoire soutenable, à restaurer la confiance et à créer les conditions d’un développement économique et urbain durable.

C’est à cette condition que Bruxelles pourra pleinement se projeter dans l’avenir.